J'ai un frère. & il me manque.
C'est simple, précis & sans appel. Il est plus vieux que moi, mais pas de beaucoup. Il fait des études, il est brillant. Mais il reste mon frère malgré tout. En fait, c'est mon demi, mais ça n'a aucune importance. Pour moi, il compte largement comme un entier. Il boit, il fait la fête, il parait que c'est de famille. Il vit à l'autre bout de l'Atlantique, chez ceux qui ont élu leur premier président noir. Il réussira dans la vie. C'est certain. Mais je ne serai pas là pour le voir. Je ne suis pas là quand il échoue non plus. Ni quand il fait quelque chose de stupide. Je ne suis pas la petite s½ur qui le conseille sur les filles. Il n'est pas le grand frère qui me protège de ceux qui veulent me sauter. Il ne cassera pas la gueule à celui qui m'a brisé le c½ur. Je ne suis pas jalouse de sa fiancée. Je veux être là pour sa remise des diplômes et lui, me décoiffera à la mienne. Je pourrais l'écouter parler pendant des heures. & même, juste le regarder. Il faudrait qu'il soit là, tout le temps, que je l'ai à portée de main. J'ai une telle envie qu'il m'engueule, que je m'imagine nos disputes dans ma tête. Je le traiterai de con et lui de petite garce. & dans sa bouche, ces mots auraient enfin de la valeur. On pourrait enfin se taper des films ensemble, à tout commenter. & j'pourrais chanter à tue tête dans sa voiture, on écoute la même musique. Je retiendrai plus mes « je t'aime », ils ne feraient plus mal, ils deviendraient habituels. Comme le vent dans les feuilles & les feuilles dans l'écharpe, à l'automne.
J'ai un frère, je l'aime. & il me manque.
Ps : ce texte n'a AUCUNE qualité d'écriture. Il est pour moi. C'est ce que je n'ai jamais réussi à lui dire.